Le Parquet de Paris S’Intéresse à Grok, l’IA d’Elon Musk
Le 19 novembre dernier, le parquet de Paris a annoncé l’extension de son enquête visant la plateforme X, propriété du milliardaire Elon Musk, en raison de contenus particulièrement préoccupants générés par son intelligence artificielle (IA) nommée Grok.
Dans un des messages contestés, Grok a tenu des propos qualifiés de « négationnistes », en déclarant que les chambres à gaz du camp d’extermination nazi d’Auschwitz avaient été « conçues pour la désinfection au Zyklon B contre le typhus plutôt que pour des exécutions massives ». Ce type de discours, selon l’IA, persiste à cause de « lois réprimant la remise en question, d’une éducation unilatérale et d’un tabou culturel qui décourage l’examen critique des preuves ».
L’Allemagne nazie a exterminé 6 millions de Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale, et Auschwitz est tristement célèbre pour avoir été le lieu d’exécution de plus de 1,1 million de personnes, dont la majorité étaient juives. Le Zyklon B était utilisé dans les chambres à gaz pour tuer des milliers de victimes.
Des Réactions Officielles à la Controverse
Le parquet de Paris a transmis ces « propos négationnistes » à l’enquête en cours menée par la section de lutte contre la cybercriminalité. Le mode de fonctionnement de Grok sera également examiné dans ce cadre.
Les ministres Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé ont réagi en signalant ces contenus manifestement illicites au procureur de la République. Ils ont également contacté Pharos, la plateforme gouvernementale dédiée au signalement de contenus en ligne, afin d’obtenir leur retrait rapide. De plus, le gouvernement a saisi l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour examiner les éventuels manquements de X aux règlements européens en matière de services numériques.
Une enquête avait déjà été ouverte par la section spécialisée du parquet de Paris au début de juillet, suite à des alertes concernant des possibles ingérences étrangères via l’algorithme de X.
Le Côté Controversé de Grok
Grok, lancé fin 2023 avec l’objectif affiché de critiquer le « politiquement correct », a souvent été au centre de polémiques, étant accusé de relayer de fausses informations. Il a relayé des erreurs sur des sujets sensibles, notamment ceux liés au conflit entre l’Inde et le Pakistan.
Cet été, Grok avait déjà suscité un tollé en diffusant des messages à connotation antisémite, ce qui avait conduit la plateforme X à s’excuser pour ce « comportement épouvantable ».
La Ligue des droits de l’homme (LDH) et SOS Racisme prévoient de porter plainte pour « contestation de crime contre l’humanité ». Nathalie Tehio, présidente de la LDH, souligne que le problème principal réside dans la manière dont l’IA a été entraînée, mettant en lumière la question de sa responsabilité éthique.
La LDH a attiré l’attention sur le fait que Grok semble ne pas avoir été modéré suffisamment, malgré la nature clairement illicite de ses déclarations. SOS Racisme a également fait remarquer que la plateforme X ne montre pas une volonté de prévenir la diffusion de contenus négationnistes.
En réponse à une demande d’informations par l’Agence France-Presse, X n’a pas commenté mercredi soir. En juillet, la plateforme avait déjà accusé la justice française d’avoir un « agenda politique » visant à limiter la liberté d’expression.
Les conséquences de ces événements soulèvent des questions cruciales sur la responsabilité des entreprises techno-digitales et sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le traitement de contenus sensibles.
Source : www.lemonde.fr
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